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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 16:49

L’idée de parcourir le Guatemala à vélo m’est venue dans notre dernière traversée. Avant de partir, j’ai pris quelques infos auprès de Gilbert, un français propriétaire de la marina où nous laissons Apache. Il me dit que du point de vue sécurité, ça doit pouvoir le faire à condition de ne pas passer par la capitale. Il me dit aussi qu’en cas de problème, il vaut mieux que j’abandonne mon vélo et mon sac que de prendre un coup de machette ! Tout ça n’est qu’à moitié rassurant mais tant pis, je partirai quand même découvrir ce pays sur mon vélo ! A moi de respecter les précautions de prudence.

Dès 7h du matin, me voici à pédaler en direction des montagnes : quel plaisir de découvrir l’intérieur du pays et refaire du sport après 16 jours d’inactivité sur notre bateau. Les 50 premiers kilomètres se font sur une petite route asphaltée depuis 1 an en direction de El Estor, peu fréquentée et relativement plate : que du bonheur ! Dès 10h, un soleil de plomb m’assomme et je regrette déjà la fraîcheur matinale. Dans cette région, je croise énormément de vélos : les Guatémaltèques sont pauvres et n’ont en général pas de voiture, ils utilisent ce moyen de locomotion dans les régions planes pour aller travailler dans les champs. Sur le bord de la route, je croise aussi beaucoup de paysans, tous dotés de machettes, cela m’impressionne un peu mais cet outil leur est indispensable au regard de la végétation luxuriante présente autour du lac Izabel.

 

Les petits villages se succèdent, je m’arrête pour me réhydrater et manger un peu. Les prix sont incroyablement bas et les produits de qualité : on me demande 3 Quetzales pour une bouteille de coca cola de 357mL (0,3€), prise dans un bar. A midi, je mange dans un « Comedor » (cantines présentes dans toutes les villes et villages où on sert un unique plat) pour 15 Quetzals (10 quetzals = 1€) : morceau de bœuf accompagné de riz, de « frijoles » (Haricots rouge-noirs) et d’une sauce piquante, avec les fameuses tortillas (petites galettes à base de farine de maïs). Ce plat Guatémaltèque par excellence est appétissant au départ, mais après 10 jours c’est un peu lassant car on le sert matin, midi et soir !

 

Les 2 dernières heures de la journée se terminent par l’ascension du col menant à Coban, sur une piste caillouteuse. Je commence à me rendre compte de l’incroyable difficulté de faire du vélo dans cette région. Je m’arrête à Tucuru vers 18h, épuisé. Là, je trouve une « Hospedaje » (petite auberge bon marché) qui me demande 25 Quetzals (2,5€) pour la nuit ! Le lendemain, je choisi de monter ce col en microbus : mon vélo est ficelé sur le toit avec un nombre impressionnant de paquets et je me tasse avec la vingtaine d’autres passagers (sans compter les poules !) présents dans cette petite fourgonnette Toyota.

 

Voyager en routard au Guatemala est vraiment très facile et plaisant, j’ai partout rencontré des hôtels ou auberges pour dormir à des prix dérisoires (entre 15 et 40 Quetzales). Concernant les transports, rien de plus simple car les Guatémaltèques ne possèdent pas de voiture propre et utilisent exclusivement leurs transports en commun : bus, microbus, pick-up dans les régions montagneuses … Par contre, il ne faut pas être regardant sur le confort et la sécurité !

Pendant les 10 autres jours à vélo se succèderont chaînes montagneuses, villages et villes, liées entre elles par des pistes défoncées et poussiéreuses ou par des routes polluées par les vieux véhicules nord Américains trouvant ici une seconde vie. Le vélo m’a permis  de découvrir bon nombre de petits villages et d’arpenter les centres villes. L’architecture des villes est en général simple (hormis certaines villes coloniales comme Antigua, Quetzaltenango …). La vie tourne autour de la place centrale et du marché.

 

Ces marchés sont un lieu idéal de découvertes et de rencontres. J’ai vraiment apprécié l’ambiance : on trouve toujours des petites cantines tenues par les femmes où l’on mange des plats typiques : le tamales (sorte de polenta fourrée d’une sauce avec un petit morceau de viande, enrobée dans une grande feuille de bananier), des tortillas, tacos et bons nombres de plats typiques dont j’ai oublié le nom. Le matin, elles servent aussi du café, du riz au lait ou d’autres boissons étranges, pour 1 ou 2 quetzales. Toutes ces préparations sont enveloppées dans des draps très colorés servant à les tenir au chaud, il faut donc leur demander ce qui se cachent dessous. Ces lieux sont l’occasion de faire des rencontres : j’ai été surpris par la facilité d’échange avec les hommes Guatémaltèques. Nous ne nous connaissons pas mais ils trouvent toujours un moyen pour nous aborder et discuter, sans arrière pensée. Pour les femmes, c’est beaucoup plus dur de communiquer avec elles du fait de leur culture, parfois la peur de l’étranger, et parfois la barrière de la langue, l’espagnol est la 2ème langue après les dialectes indiens propres à chaque région.

 

Les marchés s’étendent en général dans plusieurs petites rues du centre ville et on y rencontre principalement des femmes indiennes venant vendre leurs produits. La variété des fruits exotiques rencontrés à des prix défiants toute concurrence me ravit et je profite de chaque marché pour faire une petite halte et faire le plein de vitamines : mangues, ananas, coco, fruits exotiques « sapotille », « cocotes »… On y vent également des tissus et toutes sortes de produits pour la vie quotidienne, les supermarchés étant quasi inexistants.

 

Au travers de mon millier de kilomètres à vélo, j’ai constaté avec tristesse la pollution présente : partout, les routes sont jonchées de détritus (poubelles, sacs, emballages vides …). Pour en avoir discuté avec eux, ils affirment qu’il n’y a pas de réelle volonté du gouvernement de lutter contre cette pollution : on ne trouve aucune poubelle (même en ville) et on ne sait jamais où jeter ses déchets. On voit donc partout des gens jeter par la fenêtre du bus des bouteilles vides ou des sacs en plastique... Dans les villes, les rues aux alentours du marché sont couvertes de détritus en fin de journée. Ils sont évacués au petit matin dans la benne d’un camion de terrassement pas du tout approprié à l’usage et non bâché ! Je pense qu’il en perd un bon nombre sur la route !!! J’ai aussi été asphyxié par la pollution liée à leurs véhicules. Ceux ci y ont été fabriqués dans les années 70 aux Etats Unis, ils sont très gourmants en carburant et leur combustion y est très mal réglée. Ils produisent un bruit assourdissant accompagné d’un épais nuage de fumée. C’est d’ailleurs assez dangereux de circuler à vélo sur les routes car ils roulent en général plutôt vite.

 

Voici mes étapes :

-          Rio Dulce – Tucuru : parcours à travers les luxuriantes forêts bordant le lac Izabel et remontée du rio Polochic

-          Tucuru – Granados : Traversée d’une petite chaîne de montagne (1000 à 1800 m) plutôt sèche (j’ai cependant profité du bus pour franchir 2 cols composés de pistes en lacets interminables)

-          Granados – Antigua : région peuplée et cultivée proche de la capitale

-          Antigua : belle ville coloniale entourée de volcans

-          Antigua – San Pedros : La route secondaire menant au lac est sans doute une des plus belles que j’ai empruntée.

-          Lac Atitan : Traversée du lac en lancha et ascension du volcan San Pedro à 3000m (les paysages sont superbes)

-          San Pedros – Quetzaltenango : passage sur un plateau à 3000m sur la route « panamérica » (route traversant toute l’Amérique du nord au sud).

-          Quetzaltenango : visite de la 2nd ville du pays avec quelques beaux bâtiments coloniaux et ascension à pied du volcan Santa Maria à 3700m

-          Quetzaltenango – Barillas : route la plus haute du pays à travers la sierra de Cuchumatanes (j’ai eu un peu froid sur les 30 km à plus de 3000 m d’altitude)

-          Barillas – Playa Grande : piste impraticable ou seulement des 4 X 4 passent. J’ai d’ailleurs utilisé l’un d’entre eux pour parcourir les 100 km. Nous étions plus de 35 personnes dans la benne de ce Toyota land cruiser : du jamais vu !

-          Playa Grande – Coban : je me suis accroché sur 80 km de piste caillouteuse traversant la jungle : c’est sans doute ma plus dure journée et elle s’est terminée en pick-up pour gravir les 30 km de col menant à Coban

-          Coban – Tucuru : petite étape tranquille avec 30 km de descente et 30 km de plat, du bonheur. Par contre, une tourista me prend ! il fallait bien que ça arrive.

-          Tucuru – Rio Dulce : je n’ai plus de force et la ballade se termine en bus.

 

Les conditions d’hygiènes ne sont pas des meilleures et malgré le fait que je ne buvais que de l’eau minérale ou des boissons ayant en principe bouilli, j’ai réussi à attraper une intoxication digestive.

 

Je ne me suis pas senti à aucun moment en insécurité au Guatemala. Il faut bien sûr respecter les principes d’usage : rouler de jour, s’arrêter dans des endroits fréquentés, avoir le moins de choses de valeurs sur soi et être correct et discret avec les habitants. Tous les Guatémaltèques m’ont assuré que les petits villages et villes indiennes sont sans risque.

 

Le vélo au Guatémala, c’est pas mal pour les passionnés sportifs, les routards trouveront plus de facilité avec les transports locaux.

 

Gwen

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Published by voilier apache
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commentaires

Bourry 13/03/2011 18:24


Salut
Je vois que tu a fais encore une belle ballade mais on veux des photos pour reve. lol
@+ et prudense
Martial


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