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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 17:45

Cuba, plus grande île des Caraïbes, 6000 km de côte, sa côte sud et ses îlots nommés cayes aux plages de sable blanc immaculées entourées de coraux, ses villes et campagnes reculées, sa côte nord et l’incroyable ville de La Havane, les sympathiques  cubains et la musique entrainante …comment résumer une telle richesse de paysages, d’impressions et également de contradictions ?

Vous le comprendrez, Cuba nous a enthousiasmés et fait partie de nos plus belles étapes. Ce pays nous a réservé plein de contrastes, de surprises, de rencontres.

 

Concernant le blog, nous avons dû l’abandonner le temps de ce séjour faute d’accès internet. Ici, internet est très rare, très lent (56k) et hors de prix (10$ / h), ce qui permet au gouvernement de limiter l’accès à la population.

 

La côte sud et ses cayes enchanteresses

 

            Suite à une traversée tourmentée (voir journal de bord), nous avons réussi à joindre la ville de Cienfuegos sur un bord grâce à des vents d’est à sud-est.  De là, nous avons contourné Cuba par l’ouest en naviguant de cayes en cayes et réalisé le parcours suivant, en un peu plus d’un mois :

 

Cuba

 

 

            La côte sud est de loin la plus intéressante pour la navigation et les plongées. Elle possède un grand nombre d’îlots magnifiques, bien abrités et de beaux récifs coralliens à explorer. Par ailleurs, ces cayes ne sont pas surveillées par la « Guarda » et nous avons pu y accéder librement.

 

Depuis 2010, une nouvelle loi interdit aux plaisanciers de débarquer à terre en dehors des marinas dites internationales. Pour débarquer dans ces lieux, les gardes côtes doivent monter à bord du bateau à l’entrée et à la sortie pour signer un document appelé « despacho », et en fait contrôler que l’on n'embarque pas à bord des cubains désireux de s’enfuir. S’ils le veulent, ils peuvent fouiller votre bateau, avec des chiens, ce qui ne nous est jamais arrivé. On a toujours eu à faire à des autorités agréables, qui faisaient leur travail le plus rapidement possible. Ayant été prévenus de ces désagréments, cela ne nous a pas beaucoup dérangé, sachant que la côte sud est moins surveillée que la côte nord. Par contre, certains navigateurs rencontrés non avertis étaient déçus de ne pouvoir descendre à terre à leur gré, de ne pas trouver d’avitaillement (les boutiques sont très peu achalandées), et d’être ainsi surveillés. Mieux vaut être prévenu, c’est pourquoi nous vous indiquons les îlots où l’on peut descendre, mais si vous parlez un peu espagnol, la guarda vous expliquera tout en arrivant. Il faut surtout se renseigner avant sa prochaine étape si l’endroit est autorisé ou non. Pour ce qui est de l'avitaillement, nous avions fait le plein au Guatemala en prévision des pénuries, mais finalement dans les grandes villes comme Cienfuegos ou La Havane, on trouve de tout, et même du Coca cola américain !

 

 cayo largo 002

A Cienfuegos, nous faisons le plein de vivre frais car après il n'y aura pas grand chose

 

1ère escale : Cayo Guano del Este

 

            Ce petit îlot abrite l’un des plus grand phare de Cuba, nous y avons mouillé devant pour rendre visite à ses 2 gardiens permanents. L’un d’eux nous a accompagné en haut du phare : quelle vue ! L’eau turquoise reflétée par le sable prend un autre aspect du haut des 54m de ce phare.  Nous avons fait de beau snorkeling (terme désignant une plongée avec des palmes, un masque et un tuba) et pêché quelques belles langoustes.

 

cayo largo 023

 

Phare de Guano Del Este : les gardiens doivent remonter le mécanisme toutes le 6 h pour qu'il tourne

 

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 Cayo de Dios

 

            Autre petite caye vraiment sympa avec de belles plongées où nous avons rencontré 4 allemands ayant loué un catamaran pour 2 semaines. Nous avons partagé une agréable soirée en leur compagnie, partageant langoustes et anecdotes de navigation, parfait après la difficile traversée des Belize.

 

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Retour de pêche aux langoustes sur le récif à l'ouest de la Caye

 

Cayo Largo

 

            Petit paradis pour touristes, plages de sable blanc, cocotiers, eaux turquoises, mojitos le gouvernement Cubain a créé un vaste complexe hôtelier pouvant recevoir 3000 personnes. Fini le côté « îlot désertique », mais l’aménagement des lieux reste discret et la nature toujours belle. Nous avons passé ici de très bons moments et rencontré 4 autres voiliers français Bubu, Cateleya, Jason, Vela sillonnant comme nous les Caraïbes. Nous nous suivrons par la suite pendant presque 2 semaines, jusqu’à la pointe ouest. Ici, nous avons le temps de sympathiser entre navigateurs et les journées se terminent souvent par un repas sur un bateau un peu plus confortable que le notre où chacun confectionne un plat.

  

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 Cayo Rosario, cayo Cantiles, cayo Campo, cayo Matias et cayo San Felipe

 

 

Ces cayes sont des réserves naturelles habitées par 2 gardiens s’occupant d’une station biologique. Ils sont heureux de faire découvrir la faune et la flore de leur île aux plaisanciers ainsi que d’échanger des cocos, du poisson ou des langoustes contre du rhum. Ces cayes sont paradisiaques, plages de sable fin, eaux turquoises, récifs aux coraux magnifiques et elles abritent de nombreuses espèces sauvages : iguanes, singes, crocodiles (que nous n’avons pas vu). Les poissons et langoustes sont d'une telle abondance qu’on ne peut en manquer pour les repas. On finirait même par en avoir assez des langoustes, après avoir tenté toutes les manières possible de les cuisiner!

 

Cuba reste sans doute la seule îles des Caraïbes où les langoustes sont en aussi grande quantité et taille, probablement car le régime Castriste en interdit la pêche et la commercialisation aux Cubains.

  

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Maison des gardiens faisant office de station biologique

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Gardien de Cayo Campo

 

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 Iguane de Cayo Campo

 

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Rando dans les trochas (chemin tracé par les gardiens)

 

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Petit Baracuda tiré au  harpon. Les eaux des Caraïbes en sont pleines.

 

Isla La Juventud

   

            Pour visiter l’île à vélo, nous devons laisser notre bateau dans la marina de Siguanea, unique lieu possible. A notre surprise, son accès est limité aux tirants d’eau inférieurs à 1,2 m car l’entrée est envasée et pas draguée ! Nous jetons l’ancre devant la marina, dans une baie très ouverte et moyennement protégée. Ensuite, nous devons aller chercher et ramener avec notre annexe les 2 militaires pour faire l’entrée : cette marina est surveillée par un poste militaire d’une vingtaine de personnes, effectif vraiment impressionnant au vu du trafic (3 à 4 bateaux passent chaque semaine) et de leurs moyens matériels (pas de bateau à moteur, juste des jumelles pour surveiller le large) : nous sommes bien à Cuba ! Enfin, nous avons pu faire notre visite de l’île et nous rendre à vélo à la capitale délabrée et très pauvre de Nueva Gerona, à 42 km. L’intérieur des terres semble laissé à l’abandon et nous n’avons pratiquement pas croisé de véhicule sur les routes : le carburant est rare ici. Dans le centre de l’ile, de grands immeubles style kolkhozes soviétiques servant autrefois à loger les ouvriers agricoles sont à l’abandon,  les productions d’agrumes de l’île semblent arrêtées.  Les paysages valent tout de même la peine et nous avons pu acheter des produits frais en pesos nationals pour une somme dérisoire. Avant de quitter l’île, nous faisons escale  dans la réserve nationale de Punta Francès, située au nord ouest. Ici, se trouve un des plus beau spot de plongée du pays : le plateau continental d’une dizaine de mètres de profondeur tombe à 1000 m de profondeur. Nous avons observé au niveau du tombant des poissons de taille exceptionnelle : Pagres, tazards, mérous … dans des eaux limpides.

 

  

 

 

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Ce petit oiseau nous a accompagné toute la nuit dans notre navigation juqu'à la Juventud. Nous avons assisté à un beau lever de soleil.

 

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42 km juqu'à la capitale Nueva Gerona

 

 

 

La côte nord

 

 

            La côte nord présente peu d’intérêt en bateau, d’abord parce qu’il n’y a que 2 endroits où il est permis de débarquer : Puerto de « Los Moros » à la pointe ouest (mais il n’y a rien en dehors d’un quai et d’une petite boutique presque vide et la première ville est à 120 km) et Cayo Levisa, une des plus belles cayes de la côte nord. Le reste est très surveillé par les gardes côtes (émigration et trafic vers les Etats Unis). La côte nord nécessite un très faible tirant d’eau pour naviguer dans la barrière. Nous avons donc choisi de passer au large en ne faisant qu’un bref arrêt à Cayo Levisa avant de visiter La Havane et la région de Pinar del Rio.

 

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  Marina internationale de Los Moros (nous sommes 3 bateaux)

 

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Vérification de la mature avant de partir pour les Bahamas

 

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Coup de stress en direction de la Havane : en quelques heures, le ciel est devenu noir, le baromètre a brutalement chuté et plusieurs trombes se sont formées. Le vent très violent sous le tourbillon aspire la mer. Mieux vaut affaler les voiles et partir au plus vite.

 

Cuba de l’intérieur

 

 

            Dernière escale à Cuba, la Marina Hemingway située à 20 km de la Havane où nous laissons Apache une dizaine de jours pour visiter le pays. Le vélo est le moyen de transport idéal pour découvrir la capitale et ses environs. Cette ancienne ville coloniale espagnole réserve de nombreuses surprises, au détour de ses innombrables ruelles où la vie bat son plein. Le plus étonnant, c’est cette impression de retour dans le passé. Rien n'a pratiquement changé depuis 50 ans : les voitures américaines des années 50 – 60 croisent les carrioles tirées par des chevaux, la majeure partie des maisons sont en piteux état mais elles gardent toute leur belle façade coloniale :  balcons en fer forgé, façades aux nombreuses sculptures, poutres de dimensions remarquables, pièces hautes, maisons colorées, l’architecture coloniale de La Havane est vraiment l’une des plus riches et mérite le détour.

 

La Havane 007

 

 Vieille ville de La Havane

  

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 Véhicules américains des années 50.

 

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Marché du quartier san Rafael de La Havane 

 

 

 

La Havane 022

 

 

Le charme de La Havane : maisons coloniales restaurées, côtoient les façades décrépites.

 

La Havane 016

  La Havane 042

La Havane 019

 

 

Les ruelles et places ombragées de La Havane sont animées et l’on trouve des groupes de musiciens un peu partout. La vie dans la capitale semble facile contrairement aux autres villes, mais le manque d’argent s'y ressent. Le pouvoir d’achat des Cubains est faible, ils sont tous plus ou moins fonctionnaires avec des salaires de 300 à 600 pesos national (soit 10 à 20€) par mois. Ils doivent donc se débrouiller en faisant des petits boulots pour gagner un peu plus. Du coup, tous les produits de première nécessité payés en pesos sont « donnés » pour nous qui possédons des euros. Par exemple, les pizzas payées dans leur monnaie sont vendues 5 à 10 pesos (0,15 à 0,3 €), les boissons, les fruits et les aliments de bases suivent ces proportions. Par contre, tout ce qui est manufacturé est à peu près au même prix qu’en Europe et les Cubains n’y ont pas accès. On paye pour cela en pesos convertibles(CUC) ,1CUC= 1 dollar US.

 

           

 

            Nos 7 jours de vélo (2 jours entre Cienfuegos et Trinidad, 1 à la Juventud et 4 entre La Havane, Vinales et Pinard del Rio) dans les campagnes nous ont montré un autre visage de Cuba, plus rude, où l’on ressent la pénurie et les difficultés de la population. D’abord, il y a peu de véhicules sur les routes et les rares qui y circulent sont bondés. Les chevaux et les bœufs sont largement utilisés pour le transport et les cultures, c’est vraiment étonnant. Cuba se donne d’ailleurs une image « d’agriculture biologique », il n’y a pas d’engrais, ce qui donne aux fruits et légumes une saveur incomparable.

 

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 Les boeufs sont partout présents à Cuba. (Ici transport de cannes à sucre).

 

Cuba rando vélo San Fuego Trinidad 045

 

Cuba rando vélo San Fuego Trinidad 111

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  La route de Trinidad à Cienfuegos est envahie de crabes. 

 

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Chaîne de montagne à proximité de Trinidad

 

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 Mogote de la région de Vinales.

 

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Culture d'ananas.

 

 

 

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 Plantation de tabac à san Juan y Martines

 

Petite anecdote reflétant la pénurie : en passant devant un glacier, nous avons fait la queue avec les Cubains, après une demi-heure, nous prenons une coupe glacée composée de 6 boules de glace vanille (il n’y a qu’un seul parfum) pour 3 pesos (soit 0,1€). A côté, les Cubains en commandaient chacun 2 voire 3 coupes par personnes. 15 minutes après nous, un cubain vient avec un seau et achète toutes les glaces restantes ! A 13h30, le glacier ferme car il n’y a plus rien. Moralité : quand il y a quelque chose à vendre, il faut acheter tout de suite car on ne sait jamais quand on pourra en retrouver !!! On trouve de nombreuses cafétérias où on peut acheter un sandwich ou boire un rafraichissement. Ce qui est marquant pour nous, c’est qu’il y a toujours très peu de choix, 1 type de rafraichissement et toujours les mêmes sandwich à l’œuf ou à la mayonnaise, ou une pizza au fromage, voire aux oignons si on a de la chance.

 

 

            Le communisme à Cuba n’a pas changé depuis la révolution Castriste de 1959. La propagande pour le régime et les idées révolutionnaires est omniprésente : slogans dans les rues, journaux contrôlés par le parti au pouvoir, Guarda surveillant le peuple … rien n’est très démocratique. Beaucoup de Cubains nous ont exprimé leur malaise et leur envie de venir en Europe.

 

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             En résumé, ce séjour à Cuba a été merveilleux et riche d’enseignement. Les Cubains sont souvent extrêmement agréables, souriants, chaleureux. Jamais nous ne nous sommes sentis en insécurité comme c’est le cas dans certains pays voisins. Cuba est l’une de nos plus belles escales.

 



 

 

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Published by voilier apache
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commentaires

michel 24/06/2011 17:32


je n'avais pas vu votre site depuis plusieurs semaines. Bravo pour ces photos et textes sur Cuba.


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