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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 10:39

Une semaine s’est déjà écoulée et c’est dans un port près de Porto que nous retrouvons une connexion internet. Depuis notre arrivée en Espagne le 13 octobre, nous naviguons vers le sud en nous arrêtant dès que de beaux mouillages se présentent.

 

C’est d’abord à Arès, petite ville en face de La Corogne, que nous avons fait halte.

Espagne

 

1er mouillage porto ares

 

Après quelques heures de sommeil (nous sommes arrivé à 3h du matin), nous effectuons nos petites réparations (tangon, moteur, voile …) et partons ensuite l’après midi pour notre première  « rando trail » (un concept à la Gwen que certains d’entre vous connaissent : on sait quand on part, on ne sait pas quand on revient, quand il n’y a plus de chemin, on escalade !) d’environ 15km. Là nous découvrons de magnifiques points de vues : La ville de El Ferrol, depuis un petit sommet à 230 m d’altitude, la ville de Murgados avec son petit port de pêche, la campagne montagneuse avec ses forêts d’eucalyptus…

 

El ferrol

 

 

En attendant la livraison du filtre à air du moteur, nous décidons le lendemain d’explorer la campagne avec nos VTT et roulons la journée pendant 75km, nous découvrons un magnifique parc naturel avec des chevaux en liberté et de nouveaux ces jolies montagnes.

 Chevaux-et-parc-naturel.jpg

 

Le soir, une fois le filtre récupéré, nous partons pour les Rias Bajas : l’objectif est de passer le fameux cap Finister, redouté des navigateurs. Cette cote bordée de montagne crée un « couloir de vent » et celui ci augmente d’une dizaine de nœuds, voire plus. La mer y est souvent dangereuse. La météo nous donne un vent de Nord Est (l’idéal car ¾ arrière) mais de force 5 à 7 (le max pour nous) pendant au moins 4 jours. Nous nous décidons donc à partir, Gwénaël, plutôt serein, fidèle à son habitude, Karen un peu inquiète. Nous prenons rapidement nos 2 ris (NB : prendre 1 ris=diminuer la taille de la grand voile quand le vent monte, c’est le même principe quand on roule de génois (voile de l’avant)) dans la grand voile et réduisons le génois car le vent monte à  28 nœuds plein vent arrière : la météo ne s’est pas trompée et un bon force 7 souffle dans les rafales (durant 5 à 10 min quand même). Forte heurement, la mer est peu formée car la cote nous abrite et Apache part régulièrement sur des surfs à plus de 10 nœuds : c’est grisant mais aussi stressant (c’est Gwen qui parle, c’est dire !) ! Le pilote a d’ailleurs bien du mal à tenir le bateau et nous parvenons à trouver après quelques heures les bons réglages : enfin soulagé. Pour ma part (Gwénaël), je n’ai plus de bras et les épaules me tirent car tenir la barre sur des allures portantes (vent venant de l’arrière) demande beaucoup d’effort et d’attention : si le bateau est légèrement de travers à la vague, il part facilement et il faut alors corriger le cap avec la barre. Enfin, c’est  ça le charme de la navigation par temps relativement musclé ! Pour Karen, elle me dit qu’elle préfère vivre çà de nuit, car voir ces vagues déferlantes l’inquiéterait encore plus !

 

100 miles plus tard, vers 9h, nous entrons dans la Ria de Muros : nous avons toujours 30 nœuds de vent plein dans le nez : le vent d’engouffre dans cette profonde vallée levant un clapot terrible. Nous sommes désormais mal « toilés » avec notre génois roulé à la moitié et nous sommes épuisés par notre nuit de navigation. Je n’ai pas le courage d’envoyer notre trinquette (c’est à dire une plus petite voile d’avant quand le génois même roulé est trop grand, pour éviter de le fatiguer) pour finir les quelques miles restants et décide d’utiliser la technique de nos parents : c’est à dire, finir avec le moteur en s’aidant de la grand voile pour améliorer le près (nous remontons ainsi à 20° du vent au lieu de 35°).

 

Nous allons à Muros pour poser l’ancre. Ce mouillage est en principe abrité mais avec ces vents de Nord est de 25-30 nœuds, des vagues d’un petit mètre rentrent. Il y a pourtant 2 autres voiliers et nous mouillons, avec toute la longueur de notre mouillage principale (pour rappel, nous avons une ancre brittany de 11kg, 50 mètres de chaîne de 8mm et 15 mètres de câblot 3 brins de 16mm). Nous ne bougeons pas mais je suis inquiet car 100 m plus loin, il y a le quai : la rupture du mouillage enverrait Apache dessus et le briserait ! Pendant mes méditations sur le lieu et la recherche d’un mouillage de repli, Karen dort profondément !!! Exténuée par sa nuit de navigation, elle m’a tout de même avoué son stress et qu’elle n’osait pas barrer en pleine nuit, voyant une mer formée, déferlant à quelques reprises sur le pont. Au bout d’une heure et demie, je ne supporte plus ce coin, je réveille Karen et nous relevons tout le mouillage à la main, et avec ce vent, c’est la galère !!! Karen m’aide au moteur en avançant à la vitesse où je remonte la chaîne. Il faut être vraiment synchro et notre manque d’habitude me fit frapper l’ancre dans la coque, entraînant un petit éclat de Gelcoat, ce qui me rend de mauvaise humeur.

 

Heureusement, nous trouvons à 2 miles de là une grande anse bien abritée avec 5 m de fond de sable : l’idéale pour mouiller (peu profond donc plus facile à relever l’ancre) et faire tenir notre ancre (on risque moins de déraper sur du sable). Maintenant, on se sent rassuré et vous ne pouvez pas vous imaginer le bonheur que nous avons ressenti. Vient ensuite l’heure de la baignade, la première, l’eau n’est pas plus chaude qu’en France et il faut encore mettre la combinaison. Nous partons faire l’ascension d’un petit sommet d’environ 500 m de haut pour admirer la baie : c’est beau …

 2 043

Apache est dans l'anse en bas

 

petite ria

Le lendemain, samedi 16 octobre, bien reposé après une longue nuit de 11h de sommeil, nous partons avec nos vélos direction Saint Jacques de Compostelle. Les montées sont longues et difficiles mais c’est vraiment beau.

 2 051

 

2 054

2 064

 

  2 067

 

Retour au bateau avec nos vélos, notre annexe est plutot bien adapté à les transporter.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fort de nos visites, nous reprenons notre navigation vers le sud : il y a 4 rias (Muros, Arosa, Pontevedra, Vigo) avec des îles à quelques miles au large. isla CiesNous nous arrêtons à Isla Ons, car le vent est tombé d’un coup et je suis démangé par l’envie d’aller explorer le rivage avec mon harpon. L’eau est vraiment trouble mais par contre, je n’ai jamais vu autant de poissons chez nous, je tire une vielle, un mulet et un poisson que je ne connais pas : il faut que je trouve un livre pour l’identifier. Karen aussi se jette à l’eau pour nager jusqu’à la plage. Le vent revient, nous repartons pour une petite baie proche la ville de Vigo, face à l’Islas Cies, magnifique de par ses montagnes s’élevant en pointe. Le lundi matin, nous randonnons 3h sur des sentiers côtiers (le terme de rando-trail serait plus juste) avant de partir pour le Portugal.

  2-006.jpg

Cap sur porto, avec 70 miles de navigation et une météo idéale : un vent de Nord ouest virant Est de force 2 à 3. Nous avalons cette navigation à 5 nœuds de moyenne, d’abord sous spi (une grande voile avant que l'on met uniquement en vent arrière ou 3/4 avec peu de vent), pour finir au près serré. 

 

 

 

 Nous serons acompagnés par une bande de dauphins pendant au moins 4 h, on se sent moins seul pendant les quarts!

 

 

Je dois tout de même relater deux petites mésaventures durant la navigation : nous nous relayons à la barre en permanence car la navigation près des cotes est plus risquée : il y a beaucoup de bateaux de pêche. Il aura suffit de quitter la barre 5 minutes, le temps de faire le point sur les fichiers météos reçus avec notre Iridium pour se prendre un casier de front ! Celui ci tape sur la coque et arrête net le bateau qui filait à 6 nœuds. Vite, il faut affaler le spi, puis la grand voile, avant que le bateau ne se mette de travers au vent. En quelques minutes les voiles sont affalées (c’est à dire descendues complètement), je ne réfléchis pas et saute de suite dans ma combinaison de plongée, avec mon masque et un bon couteau. Là, je comprend que le bout du casier s’est entouré sur notre quille, c’est impossible de le dégager je suis obligé de le couper: dommage pour le pêcheur qui aura perdu son casier. D’ailleurs, j’ai moi aussi perdu tout mon bas de ligne de traine (ligne de pêche) qui s’est arraché dans le casier ! L’autre coup de stress, Karen barrait non loin du port d’arrivée et avait repérée une première bouée lumineuse indiquant l’arrivée. Elle descend 1 min à l’intérieur faire un point sur les cartes, en retournant sur le pont, une immense bouée flottante lumineuse juste dans l’étrave ! Tout juste le temps d’arrêter le pilote et de donner un grand coup de barre, sauvé ! Elle pensait qu’il s’agissait d’un phare sur la cote, pas évident d’évaluer les distances de nuit, la fatigue n’arrangeant rien !

 

A 4 h du matin, nous arrivons à Leixoes (le port de Porto) avec 5 h d’avance sur nos prévisions (on pensait que le vent nous aurait fait défaut mais ce ne fut pas le cas). Nous finissons la nuit tranquillement amarré au ponton et partons en fin de matinée découvrir la magnifique ville de Porto après avoir fait les formalités d’entrée au Portugal. Le midi, nous trouvons un petit restaurant servant des repas pour 5€ : soupe, poissons grillés accompagnés de pommes de terre, huile olive, vinaigre, ail, persil (un régal), un ¼ de vin et un café, bon marché. La vie ici est d’ailleurs moins chère qu’en France et nous sommes agréablement surpris par le prix que nous demande la marina pour notre nuit : c’est 3 fois moins chère que chez nous !

2-023.jpg

 

Pour les jours à venir, nous allons prolonger notre séjour à Porto, la météo annonce un vent quasi nul jusqu’à vendredi du à un petit anticyclone au dessus du Portugal. Autant attendre un peu, plutôt que de faire du moteur jusqu’à Nazaré notre prochaine étape à 70 miles de là.

 

Bon allez, je vous laisse car nous partons pour 2 jours explorer le Portugal avec nos vélos en attendant le retour du vent.

 

Gwénaël

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Published by voilier apache - dans Les Talourades
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commentaires

bruno et joyane LEBRETON-STEPHAN 27/10/2010 14:05


Vous nous faites rêver les amis. Nous parlons de votre aventure tout autour de nous. Si nous pouvions nous transformer en mouettes nous
serions à vos côtés dans le beau et le mauvais temps.Grand bonjour aux alizés et aux exocets. Amitié. Bruno & Josyane


Gilles Besançon 25/10/2010 23:38


Coucou, vous avez l'aird'avoir du beau temps, c'est bien en tout cas les photos sont belles. ++


voilier apache 27/10/2010 18:57



Juste pour te donner envie, 25 ° le jour et 20° la nuit...on n'a pas encore vu un nuage! Mais ça devrait se gater pour la fin de la semaine. La, on est à Lisbonne et départ pour Madère début de
semaine prochaine.  Bon courage pour le temps brestois! ( l'eau est quand mem fraiche ici aussi (15°)


à +



Charlotte PERON 24/10/2010 13:06


Quel magnifique tee-shirt Gwen !


rico 23/10/2010 11:50


Salut les Talour,
Pour répondre à votre question, l'anniv de Karine, c'est le 8 novembre. Pour info, elle revient juste de Chine où elle a terminé 32ème aux mondiaux de semi-marathon.
Bon séjour au Portugal et à la prochaine.
Rico


remi 21/10/2010 19:27


Bonjour à vous deux, toujours à fond à ce que vois bravo et bons vents pour la suite;

Rémi


Gwénaël 23/10/2010 07:59



Salut Remi,


Je te remercie de ton soutient. Mon petit périple est bien sympa mais je pense toujours à tous les bons moments passés chez Boisliveau (dans mes rêves) et à vous tous. J'espère aussi que pour
vous tous la vie de l'entreprise se déroule "pas trop mal" et qu'il y a du boulot.


Bonne continuation


Gwénaël



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