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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 17:49

 

  

 

 

Ilha do Sal, Porto da Palmeira (Cap Vert)

 

Arrivée à l’île de Sal vers 7h le 19 décembre, le soleil se lève sur les petits monts arides les illuminant de rouge-orangé. A notre étonnement, beaucoup de voiliers et de nombreux français sont au mouillage de Palmeira, leurs annexes et leurs moteurs hors-bord attachés à leur bord. On nous avait tant parlé des vols, de l’insécurité au Cap-Vert, qu’on s’étonne de l’apparente tranquillité des lieux, ce que nous confirment les voisins.

On débarque à terre après une baignade rafraîchissante. Les rues sont animées, de la musique sort des maisons, les enfants jouent, les gens sourient, les maisons sont colorées, un vrai contraste. Les pêcheurs débarquent leur cargaison de poissons frais, des chinchards ; les femmes les salent, les font sécher. L’après-midi, après une sieste bien méritée, nous partons à pied à la ville voisine, Espargos. Nous grimpons en haut du petit mont au centre de la ville, sur lequel se situe la tour de contrôle de l’aéroport. Vue dominant toute l’île. Celle-ci est plutôt plate hormis les quelques monts de pierres desséchées. Il n’y a pas un arbre mais des petits épineux au ras du sol, avec de nombreux criquets. Nous poursuivons la ballade jusqu’à la partie opposée de l’île à l’est : pas de plage mais des pierres volcaniques sur lesquelles vient déferler la houle.

  

 

 cap 195

 

Le soir, nous retournons dans le village de Palmeira, attirés par le bruit de la musique sortant de grosses enceintes et la foule qui l’entoure. Comme tous les dimanches, les gens sortent, font la fête, dansent, font des grillades, boivent rhum ou bière. Les voisins nous offrent des bières, pour leur avoir remis de la chaîne et des pare-battages à leur bateau, un ovni 385 qui dérapait dangereusement, risquant d'endommager les bateaux alentours voire d’aller heurter le quai derrière, alors qu’ils étaient partis se promener. Chacun discute de son périple, ses projets. Contrairement aux rencontres faites aux Canaries, nous constatons ici plus de petits voiliers (nous ne sommes plus le plus petit ! David, un italien, navigue sur un 23 pieds, et Michel, un français sur un first 28, tous deux en solitaires !) et une moyenne d’âge plus jeune, comme ces deux jeunes israéliens de notre âge, réalisant leur rêve à la voile. L’ambiance est très conviviale, contrairement aux marinas pour ne pas citer Santa Cruz de Tenerife, où chacun reste sur son bateau. Ici, à peine arrivés, on nous propose un café sur le bateau voisin. A croire que l’atmosphère chaleureuse du pays et de sa population est contagieuse, tant mieux !
 

 

Sao Nicolau, Tarrafal

cap 133


Navigation pêchante en quittant Sal : notre 1er gros thon (8 à 10 kg), à la tombée de la nuit alors que nous avancions à 6 nœuds. Après s’être réjouit de notre belle pêche, une question se pose : que va-t-on faire de tout ça ? On n’est pas équipé pour faire des bocaux, on n’a pas de frigo, et hors de question de perdre cette chair plus fine et plus savoureuse à notre goût que la bonite. Pendant nos quarts, nous aspergeons tous les quart d’heure la bête, à coup d’eau de mer, technique inspirée des Capverdiens. Arrivés au petit jour à Sao Nicolau, île distante de 80 miles à l’ouest de Sal, nous décidons d’aller proposer un peu de poisson à nos voisins espagnols. Alex et Ariet vivent depuis 6 ans au Cap Vert, et eux-mêmes font un peu de commerce de poisson pour vivre. Ils sont manifestement très satisfaits de notre offre, et Alex nous propose de nous montrer comment on découpe, sale, prépare le poisson pour qu’il puisse se conserver indéfiniment sans frigo. Quelle aubaine ! Dès le lendemain, nous achetons un sac de 10 kg de gros sel !

  

 cap 121


Sao Nicolau nous enchante. Nous comprenons mieux pourquoi le Cap Vert s’appelle ainsi : nous découvrons stupéfaits le versant nord de la montagne, Monte Gordo (1304m), une végétation luxuriante et humide. Nous croisons dans les montagnes les femmes avec leurs pioches, un fagot de bois sur la tête, les mules transportant des marchandises, tout le monde nous saluant d’un « bom dia ». Nous parvenons jusqu’à l’entrée d’un parc, où les chemins sont bien balisés. Le garde du parc, heureux de voir les 2 seuls promeneurs de la journée, se précipite pour nous offrir un plan et nous expliquer les meilleurs parcours. Nous faisons l’ascension du Monte Gordo, la vue est limitée à moins d’1 mètre dans les nuages, puis nous en faisons le tour par des sentiers alternant coulées de laves noires, cactus et plantes grasses, cours d’eau, maisons de pierre d’agriculteurs isolés dans les montagnes. Nous descendons ensuite par un chemin de pierre à Ribeira Brava, qui compose avec Tarrafal les 2 seules villes, et sont reliées par une unique route goudronnée. Retour jusqu’au bateau en estafette en guise de mini-bus, où nous sommes entassés avec les autres voyageurs, joyeusement accompagnés de musique capverdienne.

 

cap 165

 

Nous quittons Sao Nicolau le 23 décembre, pour Mindelo sur Sao Vicente, une autre île plus à l’ouest, rejoindre nos nouveaux amis pour passer Noël ensemble. Ce sera la dernière étape avant la suite de la transat. 

 

En fin d’après midi, nous arrivons à Mindelo en même temps que notre ami Michel, parti quelques heures plus tôt sur son First 28, après une petite navigation de 45 milles au largue et pour une fois, le vent ne nous a pas joué de mauvais tour, malgré les reliefs escarpés des îles. Mindelo est l’une des principales villes du Cap Vert et possède le premier port de l’archipel : nous voguons donc parmi les cargos pour atteindre la marina située tout au fond d’une immense baie. Celle-ci a pour réputation d’être la mieux protégée des îles de l’atlantique Nord. En effet, depuis notre mouillage situé à quelques mètres des pontons de la marina, nous n’apercevons pas l’océan et nous voyons seulement les impressionnantes montagnes de l’île de Sao Vicente et Santo Antao, dont le sommet culmine à 1979 m. Une fois notre ancre posée par 3 m d’eau sur un fond de vase, nous garantissant une parfaite tenue, nous rangeons de suite le bateau et gonflons l’annexe pour retrouver nos amis. Deux heures après, nous savourons une bière Cap Verdienne au Club Nautico avec 4 autres bateaux : c’est vraiment bon de se retrouver, se raconter nos navigations, nos problèmes et partager entre nous nos tuyaux pour profiter au mieux du pays. La soirée se termine par un petit restaurant où nous goûtons la Cachupa : spécialité Cap Verdienne composée de fèves (haricot, maïs, pois chiche), marinées dans une sorte de sauce épaisse avec de la viande de porc et assaisonnée d’épices variés. Ce plat est accompagné de riz.

 

 cap 149


Le 24 décembre, veille de Noël, nous visitons la ville le matin et marchons à travers les différents quartiers. Mindelo est peuplée d’un peu plus de 50000 habitants, le centre ville est propre et nous y trouvons de nombreux petits commerces, des marchés, des vendeurs ambulants. Là aussi, les gens ont le sourire et partout, nous entendons de la musique typique Cap Verdienne. En avançant dans les petits quartiers, nous découvrons des petites ruelles pavées et partout des maisons en cours de construction. Comme au Sénégal, les Cap Verdiens construisent leur maison petit à petit, selon leur finance, ce qui fait que les travaux durent des années. Un peu plus loin, les maisons sont encore plus simples, faites de tôles et nous imaginons la pauvreté de leurs habitants.

 

 
Noël se fête en famille au Cap Vert, les rues sont illuminées. C’est étrange de passer les fêtes sous la chaleur, de voir des palmiers de noël illuminés au lieu de sapins. Nous pensons bien à vous en France sous la neige et vous souhaitons un joyeux Noël !

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Published by voilier apache
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commentaires

emmanuelle 02/01/2011 10:32


Je vous souhaite une très bonne année et que votre voyage ce passe encore aussi bien voir mieux.
Bisous Emmanuelle.


josyane et bruno lebreton-stephan 01/01/2011 15:47


Bonne et heureuse année 2011 à nos vaillants marins dont le journal de voyage est pour nous une souce de rêve bien agréable dans cette
période hivernale particulièrement sévère. Nous vous embrassons et vous souhaitons une traversée dans de très bonnes conditions.
Amitiés.
Bruno et Josyane.


voilier apache 15/01/2011 17:01



Tous nos voeux de bonne année également, notre voyage s'est bien passé et nous soufflons quelques temps à La martinique avant remonter les Antilles


Amitiés


Karen et Gwénaël



rico 30/12/2010 12:53


Salut les Talour,
Merci de nous transmettre via votre site un peu de la chaleur du Cap Vert, alors qu'ici l'hiver est bien rude jusqu'à maintenant.
Bonnes fêtes à vous et, d'ores et déjà, bonne année 2011, une année qui va débuter de manière pour le moins originale pour vous !!
Bizzz
EriCathy


voilier apache 15/01/2011 17:04



Très bonne et heureusement année 2011, à toi et Cathy. Nous nous retrouverons en octobre pour partager ton bonheur !


A bientot


Gwénaël



famille PHILIPPE 25/12/2010 19:38


nous vous suivons depuis le début et aujourd'hui nous nous décidons à vous transmettre tous nos encouragements et de très bonnes fêtes de fin d'année.
rené, annick, corinne, manou et alain, fanfan
bisous et bon cap


Catherine DUVAIL 24/12/2010 22:07


Très joyeux Noël à vous deux. Une de mes collègues de travail, Arlinda, malheureusement disparue récemment, était capverdienne et nous faisait rêver en nous parlant de son île. Je vois que vous
aussi vous êtes tombés sous le charme. Bises à vous deux.


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