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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:25

 

Sarzeau Madère

Départ de Sines le 2 novembre au soir, direction l’archipel de Madère. Le coup de vent des jours précédents a levé une bonne houle de 3m50. Le vent souffle toujours (25-30 nœuds) mais les prévisions météo prévoient une amélioration progressive les jours suivants. Nous battons notre record de vitesse sur 24h : 168 milles parcourus, soit 6,8 nœuds de moyenne… Cela, au prix d’un mal de mer clouant Karen sur la couchette. C’est étonnant car la mer est beaucoup moins impressionnante que dans le Golfe de Gascogne, mais l’effet des ondulations des vagues est dévastateur ! Impossible d’avaler quoi que ce soit sous peine de le rendre illico à l’océan ! Régime pain sec et eau fraiche pendant 24h pour Karen….tout ça pendant que Gwen cuisine tranquillement des petites crêpes au fromage ! J’ai vraiment compris le sens de la phrase d’Olivier de Kersauson dans son livre Ocean’s Songs (livre que je recommande au passage, même aux non navigateurs) « Tout ce qui aurait pu passer aux yeux des autres pour des privations, pour moi n’en fut pas. La mer limite les besoins de l’homme au strict nécessaire pour en faire une créature ascétique. ». C’est évident qu’à l’heure où j’écris cet article, après une ballade dans les montagnes, une baignade dans une eau claire et un bon repas, j’ai tendance à oublier la difficulté de cette navigation. Sur ma couchette, je me disais, mais pourquoi faire cela, c’est si simple de prendre l’avion pour visiter les îles ! Mais un rayon de soleil filant entre les nuages illuminant la mer, un mini-poulpe décidant de faire un bond jusque dans notre cockpit, un ciel étoilé, autant de petits bonheurs que l’on ne peut vivre qu’en mer. Et puis la difficulté rend l’objectif encore plus merveilleux une fois atteint, mérité. Quelle joie d’hurler « terre ! terre à l’horizon ! », tel Christophe Colomb débarquant pour la première fois dans cet archipel.

Les autres événements de cette navigation seront une panne de notre centrale de navigation, inexpliquée, plus de cap, plus d’information sur la direction et la force du vent, plus de pilote, il nous reste que le compas magnétique pour nous orienter ! Heureusement, après avoir étudié la notice occasionnant un mal de mer à Gwen, nous réinitialisons la machine qui repart, quel soulagement ! Cette nav sera aussi marquée par le nombre inégalé jusqu’à présent de cargos croisés. Cela s’explique par la traversée du rail des cargos, une autoroute virtuelle dans laquelle se suivent ces énormes monstres des mers. Pour vous imaginer la situation, nous pourrions les comparer à des énormes semi-remorques roulant en file indienne, et nous, une voiturette 5 fois moins rapide slalomant à contre sens! Nous avons du virer de bord (changer la direction) à 2 reprises pour les éviter. Certains sont si gigantesques que lorsque l’on distingue le feu avant et arrière, on croit voir 2 bateaux distincts…mais pas question de passer au milieu !

Nous voilà donc à Porto Santo, escale de 2 jours avant Madère, après 3 jours et 3 nuits de navigation. Voici quelques photos de notre rando sur l’île et de la navigation :       

3 004 

3 0103 054

3 057

 Gwen est au point culminant de Porto Santo : le pico do Facho, altitude 518 m

Je ne résiste pas à vous mettre un passage du livre d’Olivier de Kersauson (Ocean’s Songs), qui résume tout à fait notre état d’esprit : « Prendre la mer, c’est tout sauf une fuite, c’est au contraire une discipline et une contrainte. Décider d’aller chevaucher les vagues, c’est une conquête, et pour conquérir, il faut partir. C’est l’extraordinaire tentation de l’immensité. La mer, c’est le cœur du monde. Vouloir visiter les océans, c’est aller se frotter aux couleurs de l’absolu. Il m’a toujours semblé indécent de ne pas aller voir partout dans le monde. Il me fallait partir sur tous les océans du monde, découvrir tous les ports…Pour moi c’est vital : puisqu’on est dans le monde, il faut le courir. »

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Published by voilier apache
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commentaires

loren 07/11/2010 21:22


Merci de nous faire rêver! c'est extra de lire votre récit de voyage! Madére, vous n'allez pas être déçu! L'Est et l'Ouest de l'île sont complétement différent! Une petite rando parmi les
eucalyptus jusqu'au pic de l'île est à faire trés tôt le matin avant que les nuages n'arrivent! Les ballades le long des levada, construitent par les esclaves, sont trés agréable.Bizoux
Bonne continuation les Talourssss


Bourry 06/11/2010 22:36


Slt
Je suis satisfait que vous soyer arriver sur les l'îles avec quelque petit souci mais c'est normal pour karen vomir c'est du gaspiage a par si elle la donner au poisson et toi Gwen sur le pico do
facho tu ferai une belle girouette. ( LOL ) aller on pense toujours a vous continuer comme sa et vous irez loin.

A+ Martial


voilier apache 06/11/2010 14:12


Trop beau votre article, il prend aux tripes, surtout après avoir eu l'immense privilège de lire votre extrait du livre de bord au cours de cette dernière traversée qui a cloué Karen sur sa
couchette pendant les 2/3 de l'étape, la fatigue de Gwen qui malgré tout a trouvé la force nécessaire de se plonger dans les bouquins (très techniques) sur la marche de l'électronique qui en
l'occurence fait office d'équipier supplémentaire ! Bravo.


LEPAGE 06/11/2010 12:05


Hou hou quelle aventure! Merveilleux et en même temps flippant que de contradictions... Merci pour les passages littéraires assez profond! Reposez-vous bien et on pense bien à vous, Cri-cri


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