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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 00:48

Départ du Marin (Martinique) le 10 février à 15h, les pleins sont faits, le génois réparé, direction le Guatemala. Une longue navigation nous attend, 1600 milles au total jusqu’au Guatemala (rappelez vous 2100 milles du Cap Vert à la Martinique), quasiment une 2ème transat ! D’ailleurs cette navigation  a un petit gout de transat : 15-20 voire 25 nœuds de vent régulier, au portant voiles en ciseaux, génois tangonné, mer belle avec houle régulière (2 à 3m). C’est encore le pilote qui bosse le plus ! Nous reprenons nos quarts de veille, il faut être vigilant car on croise souvent plusieurs cargos par nuit en mer des Caraïbes. Et puis, les grains sont plus fréquents et plus violents, il faut souvent réduire les voiles lorsque le vent monte... puis tous aux abris !  La pluie diluvienne ne tarde pas à arriver… La belle aubaine,  on en profite parfois pour faire la grande toilette au savon sur le pont !
Nous avons beaucoup réfléchi sur le parcours idéal et plusieurs fois changé d’avis. Nous abandonnons l’idée de redescendre l’arc antillais (Ste Lucie, St Vincent, Grenadines) puis de longer le Venezuela avant de piquer sur le Guatemala pour 2 raisons : d’une part par faute de temps, et d’autre part l’insécurité sur les côtes vénézuéliennes ne fait que s’accroître et les attaques de pirates à main armée sont paraît-il fréquentes. Nous décidons donc de faire une étape sur les îles les plus à l’ouest du Venezuela, en partant de Martinique, cela nous évite de longer les côtes, zones les plus à risque. Bien que cette navigation soit relativement tranquille car portée par les vents et le courant (1 à 2 nœuds), c’est une joie de s’arrêter sur le parcours : enfin prendre un petit déjeuner sans que le bol ou la confiture ne se renverse, bouger dans un peu plus que dans quelques mètres carrés, etc …

 

Mer des Caraibes


1ère étape : Islas De Aves

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Traduction, îles des oiseaux. Ces tous petits îlots entourés de barrières de corail au nord-ouest du Venezuela portent bien leur nom, déjà 24h avant d’arriver nous entendons des caquètements au dessus de nos têtes et puis une nuée d’oiseaux en arrivant sur ces îlots désertiques, des oiseaux par milliers ! Décidément, cette île ne ressemble en rien à ce que l’on a vu jusqu’à présent : pas un bateau au mouillage, en dehors de pêcheurs, pas un habitant sur ce bout de terre minuscule avec pour seul arbre un cocotier en son centre, île au ras de l’eau entourée de sable fin et d’eau turquoise, contrastant avec la mer bleu marine derrière la barrière de corail qui la protège…bref, un petit paradis, notamment pour la plongée. Les pêcheurs nous mettent en garde contre les requins, nombreux dans les parages, ok on ne s’éloignera pas trop ! Suffisamment pour que Gwen ramène 3 langoustes. Nous dégusterons également un gros « cigaros » échangé contre une bouteille de vin aux pêcheurs, histoire de goûter un autre crustacé, l’aspect ressemble à un gros scarabée, avec une queue semblable à celle de la langouste, bien garnie d’une chair délicate, un régal ! Malheureusement, nous devons repartir le soir même…

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Pour plus d’infos concernant ce mouillage, cliquer sur ce lien pour accéder au journal de bord « Islas de Aves »

 


2ème étape : L’île de Curaçao


Arrivée au petit matin, comme prévu afin d’entrer dans la passe très étroite de Spanish Water. Devant nous, la civilisation, des bateaux à moteur, de nombreux voiliers faisant pour la plupart une dernière étape avant le canal de Panama. L’endroit n’en reste pas moins charmant, une baie profonde très bien abritée, entourée d’une végétation sèche (cactus, petits arbustes, épineux) et de mangrove. Nous nous rendons à pied à Willemstad, la ville principale, une bonne marche pour se dégourdir les jambes ! Celle-ci est charmante, un mélange de ville hollandaise et antillaise, des maisons très colorées, un marché bien garni.

Curacao 158Nous rachetons quelques produits frais, nous nous faisons d’ailleurs la remarque, on n’aura jamais autant mangé de bananes et de noix de coco que cette année ! Tant mieux on adore ça, particulièrement lorsqu’on agrémente notre dessert avec du chocolat fondu, humm, de quoi redonner le moral aux troupes en navigation !


3ème étape : Caye Cocoruma et Vivorillo (Honduras)


Nous avons remis les lignes de pêche à l’eau, même s’il nous reste encore un peu de thon salé pêché au Cap-Vert dans les soutes. Rapidement, une énorme daurade coryphène s’en prend à notre petit calamar en plastique : 1m09, la subsistance est assurée pour encore longtemps ! La navigation est agréable, on est grand largue, vent 20 nœuds, Apache file à 6-7 nœuds.

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Lorsqu’on regarde la carte de plus près, un doute s’empare de nous : pour rejoindre notre prochain objectif au Honduras, nous devons passer au dessus d’un banc (banko gorda) de haut fond sur une distance de 120 milles : le fond remonte brutalement d’environ mille mètres à une vingtaine de mètres de profondeur. Nous nous interrogeons : la mer ne va t’elle pas déferler ? Surtout si un grain violent nous surprend ( pour parcourir 120 milles, il nous faut compter environ 20h à 6 nœuds, donc nous sommes obligés d’y naviguer de nuit). Et puis nos cartes ne sont pas toujours très précises, nous avons constaté au Venezuela un écart de 0,3 mille sur notre position réelle, sans compter les nombreux récifs qui nous entourent (amas de coraux nommés cayes). Sur notre carte, comme pour nous dissuader un peu plus, nous visualisons toutes les épaves venues s’échouer dans ces endroits risqués pour les navigateurs ! Cependant, la météo est clémente, la pleine lune nous éclaire, nous décidons de tenter ce passage, et si la mer devient mauvaise, nous pourrons toujours rebrousser chemin. Gwenaël appelle à la VHF un bateau de pêche pour s’assurer qu’il n’y a pas de récif sur banko gorda non indiqué sur nos cartes, ils nous répondent « todo libre », cela nous encourage. Une aubaine, le vent se maintient à 15-20 nœuds et pas un grain !
Au petit jour le 20 février, nous apercevons Cocoruma caye, un îlot d’à peine 200 m de long, entouré de coraux, survolé par de nombreuses frégates. 3 bateaux de pêche sont au mouillage. On vient nous proposer des noix de coco fraîches, et bizarrement pas de poisson. Nous les échangeons contre un paquet de biscuits et des bonbons (il y a un tout jeune pêcheur de 13 ans !).

Cocoruma 

Caye Cocoruma


Première plongée fructueuse : nous pêchons 3 gros crabes, dont les pinces sont bien remplies de chair ferme et succulente.

 

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On ne se lasse pas des fonds sous-marins clairs et nous découvrons toujours de nouveaux types de coraux ou de poissons. Nous allons ensuite faire une ballade à la nage jusqu’à l’îlot, où nous sommes accueillis par Chris et Marco, 2 pêcheurs qui nous présenteront à leur capitaine, Luis, et nous feront faire un tour jusque dans leur « village », 2 paillotes avec des matelas à même le sol. C’est la fin de la saison de pêche pour eux, qui dure 8 mois durant lesquels ils ne rentrent pas chez eux : ils sont ravitaillés tous les mois par un bateau en eau et nourriture, bateau qui les décharge de leur cargaison de langoustes. Ils ont du mal à croire que nous venons d'aussi loin avec notre si petit bateau, Luis nous dit « Tienen mucho valor » ! Nous, nous leur certifions que c’est eux qui ont beaucoup de courage à vivre ainsi isolés, et à travailler durement, sans jour de repos. Les 4 mois où la saison de la pêche est cloturée, Luis par exemple travaille à Roatan (une île du Honduras) comme chauffeur de taxi ! Devant leur intérêt manifeste, nous leur proposons de monter à bord d’Apache,

 

hondu 082puis ils nous invitent à manger sur leur bateau de pêche, où le cuistot du bord nous régalera d’un wahoo frit avec des bananes plantains. Nous leur amenons une bouteille de rhum et du chorizo, en imaginant que la viande n’est pas tous les jours au menu ici ! Nous sommes un peu gênés car eux, ont déjà mangé, mais nous faisons tout de même honneur à leur plat, Karen a d’ailleurs bien du mal à finir son assiette tellement la ration est copieuse ! Nous apprenons qu’ils pêchent le requin, en grande quantité ici, mais ils nous certifient que près du bord, ce sont des petits non dangereux. Par contre, eux, ils craignent plus le barracuda qui, à priori peut mordre jusqu’à arracher une main entière. Dire que pendant la plongée, j’ai dit à Gwen : « Regarde, un  barracuda d’un mètre ! C’est marrant, il nous suit ce gros pépère, depuis ¼ d’heure en nous tournant autour !! »

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hondu 102 Caye Vivorillo

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Published by voilier apache - dans Récit navigation
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commentaires

location bateau martinique 12/11/2014 09:47

Quel bel itinéraire! ce devait être un très beau voyage !

Bourry 27/02/2011 03:41


Toujour des super photos et hereu de voir que tous se passe bien pour vous et encors merci pour nous faire reve


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