Mercredi 12 janvier 3 12 /01 /Jan 18:14

Les alizés se sont montrés sans surprise : vent chaud, régulier d’est, nord est, entre 15 et 25 nœuds, nous poussant tranquillement vers les Antilles. Peu de difficultés donc pour cette navigation où nous avons alterné voiles en ciseau et spi lourd. Peu de grains, un soleil de plomb dans la journée nous faisant préférer l’intérieur du bateau, Bob (le pilote) faisant son travail sans souci à la barre.

 

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Départ de Mindelo, photo prise par Michel de son first 28

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un coup d’œil dehors de temps en temps : rien, désespérément rien ni personne. En quinze jours de mer, nous n’aurons vu que quelques voiliers les 3 premiers jours faisant route comme nous vers les Antilles, puis quelques autres peu avant l’arrivée. Seuls 3 cargos auront changé notre décor routinier en agrémentant de leurs illuminations la nuit noire et sans lune. Et bien sûr, il faut que dans l’immensité de l’océan, ces navires fassent route pile sur nous. Changement de cap, virement de bord pour les éviter. Coup de fil VHF à l’un d’eux, il nous a bien vu sur son radar (notre activ-écho fonctionne bien, en amplifiant notre signal) mais ne voit pas notre unique feu en haut de mat.

Chaque matin, nous découvrons des petits poissons volants ayant atterris par mégarde sur le pont. Après l’énorme daurade coryphène pêchée en début de la transat, nous n’avons pas remis les lignes à l’eau, elle aura suffit à nous nourrir toute la traversée,  les boites de conserve de thon et sardine n’ont pas bougé de leur place dans les coffres !

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Daurade Coryphène pêchée le 3ème jours : 1,04 m et 12 kg environ

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Le temps passe lentement, pas évident de s’occuper confinés dans un si petit espace toujours en mouvement. Nous avons trouvé une nouvelle occupation, regarder des films sur l’ordi, inenvisageable lorsque la mer est agitée sous peine d’un mal de mer immédiat. Mais il faut croire que l’on commence à être bien amariné : même le documentaire sur Tabarly ne nous a pas posé de problème, regarder un bateau en mouvement sur l’écran, en étant soi-même en mouvement d’une autre façon !

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Heureusement, Apache est rapide, et vraiment un bon bateau de transat dans les alizés. Nous avalons en moyenne 150 milles par jour, avec un nombre incalculable de surf à plus de 10 nœuds. Notre record de vitesse jusqu’à présent : 12,3 nœuds au GPS lors d’un surf sur une vague.

Des petits signes nous donnent enfin bon espoir d’une terre proche : des oiseaux qui survolent le bateau, un banc de cétacées (probablement des globicéphales), et puis d’autres voiliers en vue. Nous accueillons ces faits simples avec une joie indescriptible !

Nous apercevons les premières lumières de Martinique vers 22h le 10 janvier. Nous avons modifié notre itinéraire, une folle envie de voir la France même s’il y a quelques milles en plus à parcourir que pour aller à La Barbade, après tout, nous ne comptons plus notre temps !  Il nous faudra encore quelques heures pour arriver près de l’île, nous nous réjouissions déjà d’avoir fait une belle transat, pas de casse, aucune frayeur, çà paraissait presque trop beau. Il ne fallait effectivement pas crier victoire trop vite : alors que nous contournions la pointe sud de l’ile pour nous approcher de Sainte Anne, un mouillage facilement accessible de nuit et qui nous évitait de nous embarquer dans un chenal pour aller dans le cul de sac du Marin, à environ 2-3 miles de cette arrivée tant rêvée, vent de travers (20 nœuds de vent, régulier depuis des heures), 1 ris dans la grand voile et 2 ris dans le génois (nous avions vaguement émis l’hypothèse, par prudence de mettre la trinquette, au cas où, les effets de rafales de vent créées par les îles comme aux Canaries, mais ici peu de montagnes et puis fatigués, et puis le vent a vraiment l’air régulier…), un grain très violent arrive : en quelques secondes, le vent passe de 20 à 50 nœuds et une pluie diluvienne s’abat sur nous ! Vite, il nous faut rouler le génois, prendre un 2ème ris avant de tout déchirer. Nous le choquons, il bat furieusement dans le vent, nous tirons de toutes nos forces sur l’enrouleur. Mais impossible, il ne veut rien savoir tant le vent lui tire dessus! Quel stress ! Le génois choqué claque encore plus violement dans ces rafales de 50 nœuds, nous sommes impuissants. Nous lofons (se mettre un peu plus face au vent) pour ne pas qu’Apache gîte trop et ne se couche sur le côté. Le problème, c’est que nous ne connaissons pas bien les environs truffé de Cays. Heureusement malgré ce changement de cap, il n’y a pas de rocher proche. Il faut faire vite car la côte se rapproche quand même…et puis on ne distingue plus rien même à 1 mètre, avec cette pluie battante. Nous sommes trempés. Gwen va à l’avant, force directement sur le tambour de cet enrouleur rebelle, et parvient tout de même à en reprendre les 3 quarts. Il  constate alors l'ampleur des dégâts, les lambeaux de toile. Nous prenons le 2ème ris… et puis le grain passe. Résultat des courses, le génois est déchiré sur environ 6 mètres près de la chute et une pièce en plastique de l’enrouleur a cassé. Voilà qui gâche un peu notre joie… mais çà aurait pu être pire et nous posons l’ancre au milieu de la baie, pensant être seuls dans la rade. Les fonds ont l’air de tenir, le vent a baissé. Il est temps d'aller au lit, on y verra plus clair demain !

Surprise au réveil plus de 50 bateaux au mouillage autour de nous  ! Le temps est gris, l’eau est claire et chaude : une bonne baignade pour nous récompenser de nos efforts de la veille. Puis nous levons l’ancre, direction Le Marin, d’après le guide, une des meilleures infrastructures pour réparer les bateaux, tant mieux ! Voici donc notre 1ère journée sur cette île : visite des voileries et shipshandlers, le farniente sera pour plus tard ! Après avoir fait plusieurs devis, nous trouvons la voilerie « Voile Assistance » dont l’accueil est fort sympathique (à l’intérieur du chantier du Marin), qui nous redécoupera la chute du génois et mettra un nouveau nerf de chute pour 116€, voilà une très bonne nouvelle qui nous remonte le moral. A midi, nous nous offrons tout de même un repas rêvé depuis des jours : bananes, noix de coco, oranges, yahourts et glaces, pas très équilibré certes, mais nous avons amusé la vendeuse sur le marché, en train de s’émerveiller devant tous les produits frais dont nous étions privés depuis 15 jours !

Demain, au programme : recoller le fond de l’annexe qui fuit, changement du bout de l’enrouleur, changement d’un néon et des ampoules du compas (impossible de barrer la nuit tant notre compas est peu éclairé), peinture des pavillons de courtoisie (ils sont obligatoires lorsque l’on navigue à l’étranger, et vendus plus de 15  euros chacun pour un modeste bout de chiffon : nous les fabriquerons nous même, une douzaine et le génois sera remboursé !) et puis une bonne lessive du bateau, des vêtements et de l’équipage !  

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Nos pavillons fraichement peints

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au total, 14 jours et 9 heures de navigation pour cette transat de 2130 milles nautiques, notre moyenne aura été de 6,1 nœuds. Nous sommes vraiment satisfaits malgré notre dernière mésaventure, petite montée d’adrénaline qui fait, à posteriori, tout le charme de la voile avec ses imprévus !

Retrouvez tous les détails de ces 14 jours et demi de navigation dans notre journal de bord.

 

Par voilier apache
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