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Traversée de l’Atlantique

1er jour – lundi 27 et mardi 28 décembre

Après avoir fait les formalités d’entrée et sortie de l’île Sao Vicente (7€ ), être passés au service de l’immigration pour faire tamponner nos passeports de sortie du Cap Vert (5€) et avoir fait le plein de Gasoil à la pompe de la marina (0,7 € le litre car il est détaxé), nous quittons Mindelo le lundi 27 décembre à 13h30 pour faire un dernier mouillage sur l’île de Santo Antao à 20 milles de là. Malheureusement, le mouillage de Tarrafal est dangereux à cause d’une houle d’ouest et nous décidons finalement de partir à 18h pour notre traversée de l’atlantique. Jusqu’à minuit, nous peinons à nous dégager de l’île de Santo Antao : ses montagnes culminant à près de 2000 m créent un vent venant du large et de sens opposé à l’alizé. Nous mettons alors le moteur pour nous dégager de l’île et c’est seulement à plus de 30 milles au large que nous trouvons l’alizé. Celui ci souffle toute la première journée de secteur nord est et de force 4 à 5, ce qui est idéal pour nous. La nuit et la journée se passent tranquillement, nous en profitons pour dormir chacun notre tour au maximum. Notre séjour à Mindelo n’a pas été des plus reposant car nous sortions tous les soirs avec nos amis navigateurs rencontrés à Sal : Gérard, Philippe et Noëlle sur l’Ovni 385, David sur un vieux gréement de 23 pieds, Michel sur un first 28 et Sandrine, Franck et Damien sur un Sancerre. Durant ce premier jour, nous éprouvons une certaine nostalgie du Cap Vert et nous nous disons que la traversée va être longue. Nous sommes tout de même prêts matériellement et psychologiquement et savons que nous serons les passagers d’Apache pendant 2 semaines (si nos calculs sont bons).

Au petit matin, Karen a la bonne surprise de voir atterrir un poisson volant dans le bateau. Elle l’attrape et nous le mangeons à midi : cela a le même goût que la sardine ! Nous préparons également quelques filets de notre thon salé et séché avec une petite ratatouille. Ne l’ayant pas laissé dessaler suffisamment, le repas est un peu trop salé et le goût de poisson séché très fort, c’est un peu écœurant.  Dans la journée, nous lisons des romans et envoyons quelques nouvelles avec notre Iridium : c’est bien de ne pas être totalement coupés du monde !

Distance parcourue sur 24h : 138 milles. Position : 16°N48  – 27°W39

2er jour – mercredi 29 décembre

Pour la nuit, nous prenons par précaution un ris dans la grand voile et nous nous mettons au grand largue (nous étions précédemment les voiles en ciseaux). Cette allure nous fera trop remonter vers le nord et nous nous remettons voiles en ciseaux vers 4h. Au lever du jour, nous pêchons une petite bonite que nous mangeons à midi : nous avons fait une petite marinade avec de l’huile d’olive et du Safran, le tout revenu à la poêle, et accompagné de blé avec des champignons séchés et des oignons : un vrai régal. L’après midi est marquée par des grains : nous voyons les gros nuages nous rattraper et déverser de l’eau « tiède » sur nous. Nous reprenons un ris par précaution car le vent augmente de 5 nœuds à l’approche du nuage. Une fois sous la pluie, le vent se calme et nous avons même eu des passages avec 5 nœuds de vent seulement. C’est toujours pénible ce genre de temps car nous devons être très vigilants sur les brusques variations en force et direction du vent. Enfin, l’un de ces grains m’a permis de prendre une bonne douche à l’eau douce : j’ai pu récupérer un demi-seau grâce à la grand voile. Toute la journée, nous naviguons au côté du voilier Belge : le Sun Odyssey 43 « Fleur de Lys » rencontré à Mindelo, faisant route vers la Martinique. Nous établissons une liaison VHF avec lui. Cependant, notre Pogo est un peu plus rapide et nous ne le voyons pratiquement plus en soirée.

Distance parcourue sur 24h : 143 milles. Position : 16°N54  – 30°W03

3eme jour – jeudi 30 décembre

La nuit se passe normalement et nous prenons un nouveau rythme en faisant des quarts de 3h, l’avantage est de se lever deux fois dans la nuit : nous nous trouvons mieux reposés. A la fin de mon dernier quart, où les premières lueurs apparaissent, j’installe ma ligne à thon et vais prendre mon petit déjeuner. Celui-ci à peine terminé, j’entends le winch se dérouler d’un coup, je saute de suite sur le pont et vois le tendeur servant d’amorti tendu au maximum : la tension est très forte et j’ai peur que la ligne casse. Je roule de suite le génois et remonte tranquillement la ligne qui tire toujours très fort. Au bout de 20 min, je sors avec Karen une belle dorade coryphène de 1,04 m pesant environ 12 kg. Quelle joie de voir ce beau poisson qui nous régalera pour plusieurs jours. Pendant plus de 2h, je découpe le poisson en filet, retirant arrêtes, peau et écailles. Pour finir mon travail, je sale un quart du poisson pour le faire sécher et rempli 4 pots de filets enrobés de sel. Cette saumure conserve le poisson de nombreux jours par 30°C.  Karen prépare de son côté 3 repas : 1 daurade à la tahitienne pour ce midi (il s’agit de faire cuire le poisson avec du jus de citron), 1 marinade de daurade, huile d’olive, oignons, poivre pour ce soir, demain ce sera une marinade avec du curry ! Petite anecdote, pour ranger ma ligne, j’ai jeté l’hameçon à l’eau sans le calamar, et à ma grande surprise, une nouvelle dorade coryphène s’est jetée dessus ! Heureusement, elle était plus petite (environ 80 cm) et après quelques efforts, je l’ai sortie de l’eau, l’ai décrochée et remise à l’eau : elle est repartie sans demander son reste !!! Là où nous sommes, il y a vraiment beaucoup de daurades, car nous en apercevrons d’autres nager à côté du bateau.

Après avoir fini la préparation de la daurade, nous envoyons le spi lourd car le vent est vraiment faible : 10 nœuds plein vent arrière. Nous gagnons grâce à lui un bon nœud et poursuivons la journée à une moyenne de 5 nœuds. Le plein vent arrière n’est pas très agréable, toute la journée nous entendons des claquements de la grand voile à cause de la houle et des vagues malgré le ris que l’on a gardé. Aujourd’hui, c’est la journée la plus chaude de nos navigations : il fait plus de 30 ° et il y a très peu d’air.

Distance parcourue sur 24h : 123 milles. Position : 16°N54  – 32°W10

4eme jour – vendredi 31 décembre

Le vent étant toujours faible (force 3 - 4 d’est), nous gardons notre spi jusqu’au changement de quart d’une heure du matin. Depuis minuit, l’alizé se renforce à  4 – 5 et nous partons régulièrement sur des surfs à 8 nœuds. C’est la première fois que nous affalons notre spi de nuit mais nous commençons maintenant à être rodés et l’opération se réalise sans difficulté malgré un vent proche de 20 nœuds. Nous continuons toute la journée voiles en ciseaux, bâbord amure, de façon à descendre dans le sud entre les latitudes 13° et 15°N où l’alizé est annoncé pour toute la semaine de force 4 à 5, idéal pour nous. Au dessus de la latitude 18°N, se trouve une vaste zone sans vent générée par les dépressions plus au nord. A midi, nous mangeons notre dernière marinade de dorade et nous la trouvons légèrement aigre alors qu’elle a à peine 24h : avec la chaleur, la nourriture se perd très vite. Nous finissons aussi le reste de soupe aux choux d’hier soir. L’après midi est encore étouffant. Nous sommes heureux de franchir le cap de la nouvelle année : cet évènement nous distrait un peu et nous motive à bouger avant de préparer le réveillon. A 17h, nous faisons une petite séance d’abdos et étirements avant de passer à l’apéro puis nous trinquons en l’honneur de l’année 2011. Nous grignotons quelques cacahuètes grillées et quelques fruits secs. Nous regardons ensuite le film sorti en 2008 sur Eric Tabarly, celui ci nous donne pleins d’idées sur sa façon de naviguer,  sa philosophie, son sens des manœuvres …  Nous avons vraiment apprécié ce film d’autant que l’on ressent pleinement ce qu’il a vécu, étant nous aussi bercés sur un voilier filant à 6 – 7 nœuds vers les Antilles ! Ensuite, nous mettons la musique à fond et allumons nos frontales en mode « éclats » pour danser un peu et donner un air de fête à bord d’Apache :  un petit film nous remémorera ces bons moments ! A 21h, nous réchauffons le confit de canard aux mogettes et nous le dégustons religieusement, surtout que pour la petite histoire, il a été gagné dans un trail « la clé des champs » au printemps dernier par Gwénaël dans le Poitou ! Ensuite, nous dansons de nouveau, prenons un morceau de fromage, dansons, mangeons notre papaye, dansons une dernière fois avant de finir à 22h par un morceau de turron. A 22h locales, nous nous souhaitons la bonne année car il est minuit en France. Maintenant, passons aux choses sérieuses, il est tant de commencer les quarts !

BONNE ANNEE 2011 A TOUS

Distance parcourue sur 24h : 141 milles. Position : 16°N05  – 34°W25

5eme jour – samedi 1er janvier 2011

Pour une fois nous faisons des quarts de 2 h car le réveillon a un peu perturbé notre rythme. Toute la nuit, nous filons à plus de 6 nœuds par un temps agréable. Au lever du jour, j’ai un peu mal à la tête (peut être la demi-bouteille de mousseux), mais tout s’arrange après un bon petit déjeuner. A 10h, nous envoyons de nouveau le spi malgré les 20 nœuds de vent et les réticences de Karen voyant la mer blanche par endroits, histoire de bien commencer l’année. Apache part alors sur plusieurs surfs à 8 et 9 nœuds, ce qui est fort sympathique. A 12h, nous l’affalons pour déjeuner et nous reposer. Nous faisons griller notre reste de pain car il commence déjà à moisir et faisons des sandwichs avec l’almogrote (il s’agit d’une spécialité des canaries : un mélange de fromage de brebis, vache, huile d’olive, piment, présenté en pot), le jambon serrano grillé à la poêle et quelques tomates fraîches, un régal. L’après midi : c’est sieste, lecture de polycopes  de dermato pour Karen, lecture de Millénium (roman de Stieg Larson) et des messages de bonne année sur l’iridium, écriture du blog et bien sûr une douche à l’eau de mer pour nous rafraîchir.

Distance parcourue sur 24h : 150 milles. Position : 15°N05  – 36°W45

6eme jour – dimanche 2 janvier

Durant cette journée, l’alizé se renforce un peu et souffle d’un bon force 5 d’est. Nous prenons un ris en début de nuit et filons toute la journée à 6 – 7 nœuds.  La journée se passe tranquillement comme les précédentes. Nous souffrons juste un peu de la chaleur du soleil entre 10 h et 16h : il est vraiment fort sous les tropiques. Par contre,  la température de la nuit ne descend plus en dessous de 27°C, ce qui est vraiment agréable. Il m’arrive même de faire des quarts de nuit en tee-shirt. Aujourd’hui, nous observons 2 houles : une d’environ 3 mètres venant du nord, nord ouest, issue des dépressions de l’atlantique nord et une autre d’environ 2 mètre d’est, issue des alizés. Le bateau est bien moins confortable et nous sommes brassés de tous les côtés. Heureusement, nous sommes bien amarinés, nous pouvons lire et faire de l’ordinateur à l’intérieur sans risque de mal de mer.

Distance parcourue sur 24h : 158 milles. Position : 14°N11  – 39°W18

7eme jour – lundi 3 janvier

Le vent a légèrement baissé en début de nuit : force 4 à 5 d’est et la mer est un peu plus calme. La navigation avance et nous rêvons des Antilles. Dans la nuit, nous avons croisé le premier cargo depuis notre départ, celui-ci est passé si près de nous que nous avons dû virer de bord par sécurité.

Distance parcourue sur 24h : 148 milles. Position : 13°N57  – 41°W48

8eme jour – mardi 4 janvier

Le temps est identique avec un vent de force 4 à 5, tournant légèrement vers le nord est en début de journée. Nous en profitons donc pour empanner et naviguer sur l’autre bord à 160° du vent car nous devons maintenant remonter vers le 16°N pour atteindre la Guadeloupe.

Deux bons moments marquent la journée : la dégustation de la galette des rois, un gâteau breton pur beurre aux pruneaux acheté avant notre départ en France, dans lequel Karen à mis un noyau de date en guise de fève, c’est Gwénaël qui est le roi ! Et la réalisation de la moitié de notre traversée, fêtée par un petit verre de vin.

Distance parcourue sur 24h : 151 milles. Position : 14°N20  – 44°W21

9eme jour – mercredi 5 janvier

La navigation va bon train, à 10h (UTC + 2), j’envoie un petit message pour rassurer mes parents :

« Bonjour Maman et Papa,

La traversée suit son cours et nous avalons les milles à vive allure depuis notre départ : environ 150 milles par jour. Nous apprécions d'avoir un bateau assez rapide et vraiment conçu pour ce type de transat car depuis le départ nous sommes toujours plein vent arrière, les voiles en ciseau (génois tangonné et retenu de bôme installée).Nous avons d’ailleurs doublé un Sun Odyssey 43, le 2ème jour alors qu'il était parti quelques heures avant nous de Mindelo. Dans l'alizé, la mer est sympa et le vent régulier (toujours 15 à 20 nœuds), le bateau roule un peu parfois mais nous n'avons jamais le mal de mer : on a l'impression que le corps s'habitue à cet univers instable. Pour ma part, les journées s’écoulent tranquillement et le temps passe ainsi. Karen trouve le temps long de son côté mais nous avons toujours un bon moral et rêvons des Caraïbes. Nous avons fêté hier la moitié de notre traversée avec une petite bouteille de vin rouge ouverte pour l’occasion et mangé notre galette des rois.

A 13 h UTC, nous sommes au 14°N34 - 46°W20. Nous avons fait 1300 milles depuis notre départ de Mindelo il y a 9 jours. Si on continue à ce rythme, on sera en Guadeloupe dans 6 jours ! Ca donne le moral !

Papa, je te remercie pour tes routages météos,  nous restons toujours au dessus du 15°N30 comme  tu nous l’as conseillé et bénéficions de bons vents. N’hésites pas à nous envoyer la suite.

Maman, je vais  te livrer nos secrets de cuisine : le poisson séché et la saumure, nous avons maintenant dégusté notre grosse dorade pêchée il y a 7 jours sous différentes formes.

Préparation et utilisation de la saumure: j’ai découpé une bonne partie de la dorade en filets (les filets doivent être très fins, sans peau ni arrête) et j'ai rempli avec ces filets 5 tuperwares d’un litre, en recouvrant le poisson avec beaucoup de sel. Le poisson rend son jus, ce qui crée une sorte de saumure avec le sel. Celui ci pénètre dans la chair et la conserve malgré les 30°C extérieur. Au bout de 6 jours, cela sent toujours bon le poisson frais. Le seul petit problème est le dessalage : il faut beaucoup d'eau : environ 8 litres pour 1 kilo de poisson (heureusement, nous avions récupéré 50 L d'eau à Mindelo issue de l'usine de désalinisation, elle n'est pas bonne à boire mais est parfaite pour le dessalage). On rince d'abord le contenu de la gamelle à l'eau de mer pour enlever tous les cristaux de sel puis on fait dessaler dans 2 ou 3 eaux les morceaux de poissons pendant au moins 4 h. J'ai remarqué qu'il faut couper les filets très fins pour que ceux ci se dessalent plus facilement. Ensuite, nous cuisons les filets au court bouillon et les mélangeons à tes légumes accompagnés de semoule ou d'autres préparations du genre, c'est délicieux.

Poisson séché : j’ai découpé le poisson en deux en retirant l’arrête centrale et ai coupé dedans de nombreuses lamelles (1 par centimètre environ) sans oter la peau, nous salons ensuite chaque lamelle abondamment et laissons sécher le poisson. Il faut le rincer le lendemain à l ‘eau de mer (juste le tremper et le retirer immédiatement pour oter le plus de gros du sel) puis le laisser à nouveau 48h au soleil. Le poisson ne doit absolument pas recevoir de l’eau douce pendant le séchage car il pourrirait ensuite. Nous le conservons dans un torchon propre dans le bateau, et il n’y a même pas de fortes odeurs !  Le dessalage est identique sauf qu'il est en général un peu plus sec à la consommation un peu plus fort en goût, il faut au moins le laisser 6 heures dans 2 à 3 bains d'eau douce.

Je préfère conserver le poisson en saumure car il perd moins son goût. Concernant la dorade coryphène, c'est vraiment un poisson excellent,  à mon avis meilleure que le thon.

Voici tous nos secrets : on essaiera de t'en ramener quand on rentrera des Antilles.

A bientôt

Gwénaël et Karen »

La journée se passe tranquillement et nous envoyons notre spi lourd pendant 3h l’après midi, histoire de faire une petite manœuvre. Notre spi nous permet de gagner un à 2 nœuds. A 17h, arrive l’heure de la traditionnelle PPG (abdo-gainage), suivi de l’apéro (c’est juste un demi-verre de vin, histoire de rester alerte pour nos quarts !) avant de dîner.

Distance parcourue sur 24h : 151 milles. Position : 14°N38  – 46°W57

10eme jour – jeudi 6 janvier

La nuit est tranquille et le vent reste stable entre 15 et 20 nœuds, ce qui nous permet de bien nous reposer, Apache file aisément avec son ris dans la grand voile sans souffrir. Au lever du jour, un bon grain survient et le vent monte d’un coup à 30 nœuds, je roule aussitôt la moitié du génois en attendant qu’il passe. Ensuite, nous aurons 20 à 25 nœuds de vent, nous filons alors à 7 – 8 nœuds et nous relevons notre record de vitesse sur un surf en début d’après midi : 12,3 nœuds ! Il faut dire qu’aujourd’hui la mer est plus courte et plus forte que d’habitude, ce qui favorise les départs au surf. Nous avons tout de même eu une petite frayeur en début de matinée : une vague nous poussa sur le mauvais bord et le vent pris notre grand voile à contre. La retenue de bôme étant installée (ouf !), Apache s’est retrouvé dans une sorte de « cap », immanoeuvrable. De suite, nous avons roulé le génois tangonné et mis en marche le moteur pour retrouver de la vitesse et de la manœuvrabilité. Moralité : il ne faut pas que nous cherchions à être plein vent arrière, 160° est le maximum pour le pilote quand il y a de la mer.

Dans la matinée, nous recevons un SMS par notre Iridium d’une amie venant nous retrouver à La Guadeloupe fin janvier, du coup, nous modifions nos projets et pensons maintenant atterrir à La Barbade ou La Martinique, ce qui a l’avantage de nous raccourcir le trajet d’un jour. Avec Karen, nous sommes en réflexion permanente sur la suite de notre itinéraire : faut il aller jusqu’en Amérique centrale ? Passer par le Venezuela n’est il pas trop risqué ? Nous lisons donc des articles de navigateurs ayant fait ces pays comme Banik ou l’autre voilier francais Apache (voir site « Clu7 »). Gwénaël souhaite faire cette aventure, Karen redoute la semaine supplémentaire de mer entre le Venezuela et le Honduras !

Dans l’après midi, nous avons préparé nos drapeaux des iles des Antilles : nous avions emporté avec nous des draps et de la peinture pour les faire en fonction de nos destinations. 5 sont préparés : La Barbade, La Dominique, St Vincent, Grenade et Le Venezuela. Il nous faut également peindre un pavillon jaune, à hisser dans nos haubans pour signaler aux douanes que nous souhaitons faire les formalités d’entrée avant d’arriver pour la première fois dans un pays.

Distance parcourue sur 24h : 160 milles. Position : 14°N53  – 49°W40

11eme jour – vendredi 7 janvier

L’alizé, toujours le même temps et la même mer depuis que nous sommes partis, à l’exception d’un second cargo se dirigeant droit sur nous à 4 h du matin. Il nous fit une petite frayeur car nous ne comprenions pas vraiment sa direction. Karen l’a appelé par la VHF, il nous a donné sa route et nous a  dit qu’il nous voyait sur son radar, mais pas à l’œil nu. Cela prouve au moins que notre activ’echo marche bien. Nous avons changé de bord et il est finalement passé derrière nous. Aujourd’hui, le vent et la mer ont faibli un peu. A présent, nous décomptons les jours car il ne nous reste plus que 450 milles à parcourir soit J-3 ! En début d’après midi, nous regardons un film puis envoyons le spi lourd pour 2 heures.

Distance parcourue sur 24h : 145 milles. Position : 14°N45  – 52°W17

12eme jour – samedi 8 janvier

La nuit de ce samedi sera une des plus tranquilles, la mer et le vent diminuent nettement (et comme par hasard, à partir du moment où nous avons affalé le spi la veille!). En début de matinée, nous envoyons le spi lourd. A peine celui-ci mis en place, le vent monte de 5 nœuds ! C’est souvent comme ça ! Nous sommes du coup un peu trop toilés et nous finirons par l’affaler vers midi après un départ au lof du  bateau ! Résultat, la glacière s’est renversée et il y a du jus de poisson dans le bateau, de quoi être de bonne humeur ! Enfin, c’est comme cela la navigation. A midi, nous nous offrons un cassoulet (encore un gagné dans une course à pied) pour ce J – 2 : un régal. L’après midi, nous croisons un 3ème cargo et regardons le livre Patuelli des Antilles. Nous prévoyons d’atterrir à La Martinique et nous rêvons déjà de nos futurs mouillages en soirée en savourant un petit punch.

Distance parcourue sur 24h : 150 milles. Position : 14°N40  – 54°W48

13eme jour – dimanche 9 janvier

La nuit est calme jusqu’à 6h du matin où un grain violent survient. Gwénaël termine son dernier quart quand le vent monte d’un coup, passant de 15 à 30 nœuds. Etant dans un état de somnolence et fatigué par cette nuit de quart, j’ai mis un peu de temps à réagir, en roulant d’abord la moitié du génois. Je pensais que ce serait suffisant quand j’entends d’un coup la grande voile empanner, heureusement la retenue de bôme la retient à contre. Sous l’effet du grain, les vents ont subitement tourné de 90°, d’où l’empannage. Karen se lève et nous prenons un 2ème ris puis reprenons notre cap sur l’autre bord au largue, du fait que le vent ait tourné. Pendant 2h, le grain me mettra la pression : le vent tourne et change en permanence de force, la pluie est parfois violente. Au lever du jour, le nuage part et nous retrouvons l’alizé de nord est. Nous reprenons donc notre allure voiles en ciseaux, génois tangonné. Heureusement tout s’est bien passé mais négocier ce genre de grain dans une nuit noire n’est pas des plus évident. Le reste de la journée sera idéal et nous filerons à 6 – 7 nœuds, par un beau soleil, ce qui nous permet de bien nous reposer. A midi, nous mangeons encore de notre dorade conservée dans sa saumure. L’ayant bien fait dessaler et accompagnée d’une petite ratatouille avec du riz, elle nous a régalé. L’après midi, nous regardons un film et changeons nos montres d’une heure.

Distance parcourue sur 24h : 157 milles. Position : 14°N42  – 57°W16

14eme jour – lundi 10 janvier

Dernier jour de navigation, le vent se renforce à 25 nœuds, nous naviguons avec un ris dans la grand voile et un ris dans le génois. La mer aussi a un peu augmenté et Apache part régulièrement sur des surfs à plus de 10 noeuds. Ces conditions nous permettent de gagner un peu de vitesse sur nos prévisions et nous pensons arriver en milieu de nuit au mouillage de St Anne, à proximité du cul de sac du Marin à La Martinique, où nous ferons notre entrée officielle le lendemain. La journée se passe à rêver des Antilles, de ce qui nous ferait plaisir de manger (grand pot de fromage blanc, fruits frais…) et de faire (marcher et nager !...). Nous installons aussi notre moustiquaire dans l’après midi et passons le reste du temps à lire, regarder des films et nous reposer. Vivement le moment où nous poserons l’ancre !

Distance parcourue sur 24h : 160 milles. Position : 14°N19  – 59°W53

Fin de la transat

Terre en vue ! Il est 19h et la Martinique est désormais bien en face de nous ! Encore 30 milles avant de poser l’ancre et mettre fin à notre première transat. A ???, nous arrivons après 14 jours et 9 heures de navigation pour un total de 2130 milles depuis Santo Antao au Cap Vert. Quel bonheur d’en finir, nous allons pouvoir maintenant profiter des Antilles, paradis de la navigation au regard des nombreux îlots, où le cabotage d’île en île est des plus plaisante …

Distance parcourue les dernières 9h : 160 milles. Position : 14°N26  – 60°W53

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