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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 17:46

Depuis le départ de Tenerife, nous avons décidé que la transat aller avait débuté : au total 2900 milles dont l’étape au Cap Vert nous permettra de faire une pause au tiers du parcours soit à 800 milles environ des Canaries. Début de la traversée idéale, puisqu’après quasi 1 mois sans grande étape en mer, on se sent un peu rouillé : il faut se réhabituer aux quarts de nuit et le petit temps annoncé est propice pour se remettre en condition.
Départ de Tenerife à 7h le matin du 12 décembre. Un seul regret, ne pas avoir visité Hierro, Gran Canaria, Fuerteventura, Lanzarote…mais il faut faire des choix, et depuis notre arrivée aux Canaries, peu nombreux ont été les créneaux météo pour prendre le départ. On part donc sous spi, mer calme. En guise d’au revoir, l’île nous offrira une pêche fructueuse : 3 petites daurades coryphènes d’environ 1kg et une bonite. Le Teide enneigé restera visible derrière nous tout au long de cette belle journée.

 

cap 023


Les quarts reprennent. Nous décidons de faire toujours les mêmes horaires : de 19h à 7h du matin, on dort en alternance toutes les 2h. Celui qui est de veille, souvent en profite pour bouquiner à la lampe frontale, ou regarder le ciel étoilé…et bien sûr les cargos, assez nombreux sur le début de parcours. Nous verrons 3 voiliers, allant à priori vers le Cap-Vert. Pour tous les 2, les trois premiers jours sont les plus durs. Il faut que l’organisme s’habitue à prendre ce rythme de sommeil fractionné, dormir dès qu’on lui demande et être vigilant aux heures où il ne demande qu’à dormir. On a trouvé une technique : mettre une musique qui bouge à chaque changement de veilleur, histoire de le réveiller ! On met même la frontale à clignoter blanc et rouge, avec du David Guetta et le sol en mouvement, cela donne à Apache une vague impression de boite de nuit…on se motive comme on peut !

 

cap 044


Plus les jours passent et bizarrement, moins le temps nous paraît long. Nous avons des petits rituels, comme la douche du soir à coup de seau d’eau de mer sur le pont, puis série d’abdos/gainage/étirements musique à fond ! Vient ensuite le spectacle nous ravissant à chaque fois : le coucher de soleil autour d’un petit verre de vin, bouteille ouverte à l’occasion de notre passage du tropique du Cancer. Puis la popote, repas simples mais toujours délicieux. On attaque en premier nos fruits et légumes frais, le poisson pêché, les œufs, le jambon ibérique. On n’a pas de frigo, notre petite glacière électrique étant gourmande en électricité, il a fallu faire un choix entre mettre Bob le pilote ou avoir du frais. La lecture occupe une grande partie de nos journées, notre stock de livres commence d’ailleurs à s’épuiser. Autre moment sympathique : allumer le téléphone iridium et lire vos messages, n’hésitez pas !

 

cap 025


cap 041

 

Le vent nous lâchera par la suite, nous vidons notre réservoir de 35 L de gasoil (il nous reste de jerrican de 20 L) bien que la moindre petite risée est mise à profit pour arrêter le moteur et dérouler le génois. Nous nous réjouissons d’avoir un bateau si léger dans le petit temps : dès que le vent souffle à 7-8 nœuds (vent apparent au près), Apache glisse sur l’eau à 4-5 nœuds !

 

cap 060

 

cap 035

 

Notre avancée vers le sud est manifeste : les températures l’attestent, on passe à 32°C le jour, 25°C la nuit, et l’eau est à 22°C. L’atmosphère est agréable, l’air circule dans le bateau. L’étrave du bateau dérange de temps en temps un banc de poissons volants, qui prennent leurs petites ailes pour atterrir 200m plus loin. Nous croisons également des dauphins, nous accompagnant de longs moments, et puis des cétacés, plus gros, plus lents, qui eux, poursuivent leur route sans s’occuper de nous, peut être des globicéphales comme ceux croisés au large des Canaries.


cap 048

 

En somme, cette navigation (7 jours - 7 nuits, 830 milles) que nous redoutions faute de vent et après un début au moteur un peu fastidieux, est reposante, propice à la rêverie. Il est tellement rare d’avoir autant de temps pour soi qu’on le savoure pleinement. Et puis, lorsque les lumières de Sal, au Cap Vert, deviennent visibles, on se surprend à dire :

déjà !

 

cap 065

Arrivée au petit matin a Sal

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Published by voilier apache
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commentaires

BILLAUDEAU 24/12/2010 20:40


C'est toujours avec un grand plaisir que nous consultons votre blog . Nous vous souhaitons d'excellentes fêtes de noël. Nicole et Claude , voilier scilly . anak


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